L’île de La Réunion appartient à l’archipel des Mascareignes, au cœur de l’océan Indien. Son histoire commence avec les Austronésiens, arrivés voilà mille ans, bien avant la venue des Européens. Ce sont les Portugais qui, en 1513, la repèrent les premiers depuis leurs navires. Il faut dire que pour eux, chaque île découvertes compte, alors ils la baptisent Santa Apollonia. Le récit s’accélère au XVIIe siècle : la France prend possession de l’île en 1638 et la renomme Isle Bourbon. Le décor est posé pour une colonisation à marche forcée. On déporte des mutins de Madagascar, puis les colons débarquent, suivis par l’installation de la Compagnie française des Indes orientales. Et tout ce petit monde s’installe durablement, marque l’île de nouveaux repères : Saint-Denis devient la capitale, les plantations de canne à sucre dessinent le paysage. Ce qui frappe, c’est le basculement du destin de La Réunion, intimement lié à la traite négrière, aux systèmes de concessions et aux ambitions des puissances coloniales. Dans ce contexte, chaque décision marque le territoire, et ce, jusqu’à la société d’aujourd’hui.
Quels peuples et navigateurs ont découvert l’île de La Réunion ?
Imaginez-vous sur un navire, les voiles gonflées par les alizés, longeant l’océan Indien bien avant que la notion même de La Réunion n’existe. Les premiers habitants identifiés de l’île sont les Austronésiens, originaires d’Asie du Sud-Est. Ils auraient abordé ces terres il y a près d’un millénaire. Leur passage sur l’île reste discret, peu marqué dans la mémoire collective, puisque ce sont les Européens qui posent réellement La Réunion sur la carte du monde.
En 1513, les Portugais menés par Pedro de Mascarenhas découvrent l’île et la baptisent Santa Apollonia, sans vraiment s’y installer durablement. Fait amusant, elle figure dès le début du XVIe siècle sur d’anciennes cartes marines sous le nom de Dina Margabin, traduisant déjà son attrait pour les voyageurs et navigateurs d’alors. Cependant, ce sont les Français, en 1638, qui prennent possession de l’île et ouvrent la porte à une colonisation structurée. À partir de là, s’enchaînent des épisodes parfois rocambolesques, avec des marins poussés dans ce coin reculé plus par nécessité que par envie.
Comment la France a‑t‑elle colonisé l’île dès le XVIIe siècle ?
La conquête de l’île par la France débute officiellement en 1642, lorsque le roi Louis XIII mandate la prise de possession de ce territoire. Rebaptisée Île Bourbon, elle devient rapidement la propriété de la Compagnie française des Indes orientales. Les envoyés tels qu’Étienne Regnault, premier gouverneur, commencent à organiser la vie sur place : il s’agit d’installer des colons, faire venir des esclaves, et cultiver la terre, d’abord pour le café puis la canne à sucre. La colonisation s’articule autour d’intérêts économiques : bois précieux, agriculture tropicale, épices. Mais sur place, la réalité est plus dure que sur papier : maladies, cyclones, manque d’eau douce… Les colons, pour la plupart de simples mutins ou déportés, n’avaient pas franchement choisi d’y vivre.
- 1654 : Premiers colons français, rejoints ensuite par des engagés libres et des mutins bannis.
- 1663 : Arrivée de Louis Payen, accompagné de dix esclaves malgaches, premiers résidents stables.
- 1665 : Arrivée des premiers véritables colons avec Étienne Regnault, favorisant l’implantation agricole.
- XVIIIe siècle : Apogée de la culture du café puis développement massif de la canne à sucre.
- 1738 : Transfert de la capitale de Saint-Paul à Saint-Denis pour mieux administrer l’île.
Pourquoi l’esclavage a‑t‑il marqué l’histoire de la colonisation ?

Si on se penche sur la traite négrière qui sévit sur l’île Bourbon, on comprend vite que l’histoire de la colonisation de La Réunion ne se résume pas à des terres et des cultures, mais aussi à une structuration sociale douloureuse. Durant la seconde moitié du XVIIe siècle, la Compagnie des Indes, chargée du développement de l’île, organise l’importation de mains d’œuvre réduites en esclavage en provenance principalement de Madagascar, de l’Afrique de l’Est et du sous-continent indien. Le fameux Code noir, appliqué dès 1723, inscrit l’esclave dans la loi comme “bien meuble”, nié dans ses droits fondamentaux, ce qui institue une société coloniale très hiérarchisée.
La population esclave connaît une expansion rapide : à peine 268 adultes en 1708, elle s’élève à 23 000 individus à la veille de la Révolution. Cette masse laborieuse permet la croissance des plantations mais vit dans des conditions extrêmes, soumises tant à la violence des maîtres qu’aux rigueurs du quotidien tropical. Parallèlement, la société blanche locale, éclatée entre grands propriétaires et petits blancs, subit aussi des tensions, avec des partages de terres qui aboutissent à une pauvreté relative chez certains. Le métissage, inexorable, finit par façonner une identité réunionnaise qui transcende peu à peu l’ordre colonial, mais la douleur de l’esclavage marque toujours la mémoire collective.
Quels événements ont permis l’abolition de l’esclavage sur l’île ?
Des pressions internationales, l’essor des idées humanistes et la force des luttes des esclaves eux-mêmes conduisent à la remise en question du système esclavagiste. Si la Convention nationale abolit l’esclavage en 1794 à Paris, la nouvelle met un temps fou à franchir les océans, et la résistance des planteurs s’avère farouche : sur l’île Bourbon, l’esclavage perdure tout au long du XIXe siècle. Ce n’est qu’en 1848, grâce au décret porté par Victor Schoelcher et proclamé localement le 20 décembre par le commissaire Sarda Garriga devant la préfecture de Saint-Denis, que la liberté est enfin effective.
| Date | Evénement | Conséquence |
|---|---|---|
| 1794 | Première abolition par la Convention | Non appliquée localement, esclavage maintenu par les colons |
| 1848 | Décret d’abolition appliqué à La Réunion | 62 000 esclaves affranchis et intégrés à la société réunionnaise |
| 20 décembre 1848 | Lecture officielle du décret à Saint-Denis | Date devenue fête de la liberté à La Réunion |
Comment la société réunionnaise s’est‑elle transformée après la colonisation ?
Au lendemain de l’abolition de l’esclavage, l’île traverse une période charnière. L’arrivée massive de travailleurs engagés, venus d’Inde, de Chine ou encore des Comores, injecte de nouvelles cultures, réputées partout pour l’enrichissement du tissu social réunionnais. La société réunionnaise se forge alors dans l’ouverture et la diversité, avec cet héritage métissé entre héritiers de la colonisation et descendants d’esclaves et d’engagés. On pourrait citer cette anecdote : aujourd’hui encore, la langue créole, véritable miroir de ce mélange, rythme les échanges quotidiens et conserve quelques traces du passé colonial, notamment dans le vocabulaire.
Après la départementalisation obtenue en 1946, avec le passage de simple colonie à département français d’outre-mer, un vent de modernisation souffle sur l’île. Les infrastructures s’améliorent, la vie politique se structure aussi autour de débats identitaires, notamment avec l’émergence de mouvements indépendantistes dans les années 1970 menés par Serge Sinamale. Cela dit, ces revendications restent minoritaires face à une majorité réclamant plus de droits sociaux et économiques, dans la continuité de la France. Aujourd’hui, La Réunion incarne cette réalité : une île française, dynamique, où coexistent identité créole forte et liens avec la métropole.
Pour mieux comprendre, n’hésitez pas à consulter : l’histoire coloniale de La Réunion. Cette source vous permettra de compléter cette fresque humaine, bâtie entre mer, volcans et cultures plurielles.
Conclusion

La découverte de l’île de La Réunion a été marquée par le passage des Austronésiens, puis par l’arrivée des Portugais en 1513 qui lui donnèrent le nom de Santa Apollonia. Ce territoire, perdu aux confins de l’océan Indien, fut ensuite revendiqué par les Français au XVIIe siècle, devenant l’île Bourbon.
La colonisation française a transformé l’île en une société de plantations reposant sur l’esclavage, ce qui a profondément marqué son histoire et son identité. Au fil des siècles, le métissage et les échanges humains ont forgé une population riche de diversité. Cette réalité, qui s’exprime encore aujourd’hui dans la culture créole réunionnaise, illustre la complexité du passé colonial. Ça fait réfléchir sur la manière dont les histoires croisées dessinent notre présent.
L’île de La Réunion a été découverte par les Européens en 1513, lorsque le navigateur portugais Pedro de Mascarenhas aperçoit l’archipel et le note sur les cartes sous le nom de « Santa Apollonia ». Par la suite, l’île figure sur de nombreuses cartes marines, mais n’est pas tout de suite habitée par les Européens. D’autres explorateurs portugais, hollandais et britanniques passent également au large, attestant de l’importance stratégique de l’île dans les routes maritimes de l’océan Indien. Cette première reconnaissance européenne lance le processus de future colonisation de La Réunion. Avant la colonisation européenne, l’île n’avait pas de population installée de façon permanente. Cependant, des traces témoignent du passage d’Austronésiens venus d’Asie du Sud-Est il y a environ mille ans, ainsi que des marins arabes et malgaches. Les Portugais notent l’existence de l’île au début du XVIe siècle, mais l’installation continue démarre réellement au XVIIe siècle avec des déportés malgaches et des colons français. Ces premiers groupes, souvent envoyés par la Compagnie française des Indes orientales, constituent le noyau fondateur de la population réunionnaise. Passionné par l’écriture depuis toujours, rédacteur et journaliste indépendant curieux de tout, âgé de 28 ans, aimant raconter et transmettre l’actualité.Comment l’île de La Réunion a-t-elle été découverte par les Européens ?
Quelles populations ont initialement peuplé l’île avant la colonisation ?
Comment la France a-t-elle pris possession de La Réunion ?


![]()



